Embêter son photographe de mariage en 5 étapes

Portrait de Xavier, photographe de mariage

Cet article est placé sous le signe du second degré. Le métier de photographe de mariage est formidable. On fait de très belles rencontres, et on a la chance de partager des moments de joie uniques. Mais comme dans tous les métiers, il y a des choses agaçantes. J’ai demandé à mes collègues photographes du groupe d’Annuaire de photographes de mariage que j’ai créé de me faire part de toutes ces petites choses qu’iels ont pu rencontrer dans leur carrière. Puis j’ai concocté cet article, destiné aux futur·es marié·es qui se reconnaissent en Josette et Raymond de scènes de ménage. Mon but : leur donner toutes les clés pour être sûrs d’embêter un maximum leur photographe. Certains conseils sont même applicables à d’autres prestataires ! Alors, prêt·es à faire vivre un enfer à votre photographe ? C’est parti !

Une fois n’est pas coutume, cet article sera illustré de GIFs extraits de séries qu’on affectionne. Je ne voulais pas sortir les photos de nos marié·es de leur contexte dans le cadre de cet article humoristique. Je vous ai mis les noms des séries en question en légende. Si vous ne les connaissez pas encore, filez les découvrir, on les recommande !

Etape 1 : le premier contact

Ah, le premier contact… Pour un max d’efficacité, je conseille d’oublier les formules de politesse et les compliments sur ses photos, qui risqueraient de dévoiler que vous savez que c’est un être humain et pire ; que vous aimez son travail. Non, non. Contentez-vous d’un bref et efficace : « Vos tarifs ? ». Et bien sûr si le photographe en question vous répond, en donnant les tarifs directement ou en vous proposant un rendez-vous, c’est le moment de disparaître et de ne plus lui répondre !

Photographe cherchant un couple de marié·es porté disparu (gif extrait de la série Dark)

Pour aller plus loin

Si vous choisissez de lui répondre malgré tout, vous pouvez partir sur un classique « C’est trop cher ma cousine en a trouvé un à {insérer ici un tarif qui, une fois le temps total de travail pris en compte, l’amortissement du matériel et les taxes passées par là, revient à payer pour travailler} » ou encore « Franchement pour juste appuyer sur un bouton, ça fait cher ».

Réaction d'un·e photographe quand la conversation prend cette tournure (gif extrait de la série Les orphelins Baudelaire)

Il y a aussi le classique « De toute façon maintenant avec un smartphone on fait de très belles photos » Effet garanti ! C’est sans doute la première fois qu’il l’entend, et peut-être même va-t-il grâce à ce conseil de pro revendre son matériel qui coûte généralement plus de 15000 euros pour investir dans un smartphone. Il pourra ainsi vous proposer beaucoup moins cher puisqu’il viendra de gagner 14500 euros !

Bon par contre il faudra dire adieu à son style qui vous avait plu. Car même si le matériel ne fait pas le photographe, sans matériel certaines choses ne sont pas possible. C’est un peu comme si vous donniez à un pianiste professionnel le jouet de votre enfant qui possède 10 touches et un son digne des années 80 en lui demandant de vous jouer les tableaux d’une exposition de Moussorgski.

Le jour du mariage en trois axes

Etape 2 : donner des consignes à vos invité·es

Le jour J, vous aurez des allié·es parfait·es : votre famille et vos ami·es ! N’hésitez pas à en faire usage en leur donnant des consignes claires. Iels peuvent se partager les tâches bien sûr, pour un maximum d’efficacité. Voici rien que pour vous une petite liste des pires invité·es, vus par les photographes. Les prénoms ont bien sûr été modifiés et certaines situations sont purement fictives. Ne vous vexez pas si vous vous appelez Martine ou Jean-Claude. Promis vous n’êtes pas visé·e personnellement.

Invité·es investi·es par les marié·es de leur mission de gâchage de photos de mariage faisant leur entrée sur le mariage (gif extrait de la série Peaky blinders)

Top 10 des pires invité·es de mariage (enfin d'un point de vue de photographe)

  • Martine, qui prend des photos, au flash et en se plaçant au milieu du passage, pendant tous les moments clés du mariage
  • Elodie, qui disparaît au moment des photos de groupe
  • Kevin, qui se met dans le cadre pendant les photos de groupe pour faire des grimaces, obligeant à refaire les photos
  • Marie-Noël, qui se met à côté du ou de la photographe pendant les photos de groupe et qui appelle les gens pour qu’ils le regarde. Le but étant que personne ne regarde ni n’écoute le ou la photographe
  • Claudine, qui met son appareil ou téléphone de force dans les mains du ou de la photographe pour qu’iel refasse la photo avec
  • François, qui s’incruste au moment des photos de couple et se moque des marié·es pour que l’ambiance soit la moins romantique possible
  • Jacques, qui renverse du champagne sur les appareils photos et qui rigole
  • Jean-Claude, qui donne des conseils au ou à la photographe sur la façon dont iel devrait faire son travail
  • Patrick, qui accapare l’attention du ou de la photographe pendant un moment important en lui montrant des photos de vacances dans son smartphone ou en voulant jouer à « qui a le plus gros appareil photo »
  • Sophie, qui prévient en criant les personnes que l’on est en train de photographier sur le vif pour leur dire de regarder l’appareil photo

Etape 3 : on n'est jamais mieux servi que par soi-même

Couple en plein préparatifs de mariage (gif extrait de la série How I met your mother)
Vous pouvez tout de même faire deux ou trois choses vous-même. Ne déléguez pas tout à vos invité·es en vous privant du plaisir de martyriser vous-même votre photographe ! Voici trois petites actions simples à mettre en oeuvre :
  • Exiger des photos des préparatifs des deux marié·es en prévoyant de les faire simultanément et à 45 minutes de route minimum l’un de l’autre
  • Ne prévoir que 10 minutes dans la journée pour les photos de couple (et s’arranger pour qu’il y ait du retard dans le planning afin que les 10 minutes soient annulées, et enfin se plaindre de ne pas avoir les photos de couple que vous vouliez)
  • Ne pas préparer de liste des photos de groupe que vous souhaitez. Si ça prend beaucoup de temps, c’est de toute façon votre photographe qui prendra le blâme, donc n’hésitez pas !

Etape 4 : se reposer sur les autres intervenant·es du mariage

C’est vous qui organisez votre mariage. Vous êtes donc libres de choisir vos prestataires et autres intervenant·es du jour J. N’hésitez donc pas si vous souhaitez embêter votre photographe à choisir avec soin et à accompagner ces professionnel·les pour réussir votre plan machiavélique. Iels seront ensuite sur les bons rails et prendront le relais.

  • Choisir un prêtre ou un·e officiant·e de cérémonie qui déteste les photographes et lui mettra un maximum de bâtons dans les roues en lui interdisant de se déplacer ou de s’approcher de l’autel et/ou des marié·es.
  • Prendre un·e vidéaste tiers, et les empêcher de se contacter en amont du mariage. Leur donner un planning de la journée différent, ou des consignes différentes (par exemple dire au photographe que vous voulez qu’il soit au plus proche de l’action, et à la vidéaste que vous ne voulez pas le remarquer et que vous voulez qu’elle se mette loin). Le jour J, les clashs et les tensions seront au rendez-vous, et un bon nombre de photos et de plans vidéos seront gâché·es, ce qui permettra d’embêter les deux en même temps !
  • Demander au DJ des lumières laser et à dominante verte pendant votre première danse. C’est le pire choix possible en termes de rendu sur les photos. Ca devrait donc compliquer le travail de votre photographe. Et petit bonus : les lasers peuvent endommager les appareils photos ! D’une pierre deux coups !
Marié·e expliquant son plan au DJ (gif extrait de la série Le visiteur du futur)

Etape 5 : Après le mariage

Avant la réception des photos

Lorsque votre jour J est passé, ne faiblissez pas ! Il y a encore plein de choses que vous pouvez faire pour éviter que votre photographe ne soit trop heureux·se de son métier ! Commencez par envoyer un message plusieurs fois par jour pour savoir quand iel enverra les photos. Vous vous doutez bien qu’iel travaille d’arrache-pied pour développer les photos et vous les fournir le plus vite possible, et donc qu’iel voit votre visage non-stop passer sur son écran et qu’il y a peu de risques qu’iel ait oublié votre existence. Mais rien ne vaut de la lui rappeler.

Futur·e marié·e demandant où en sont les photos le lendemain du mariage (gif extrait de la série Dexter)
Photographe attendant toujours de savoir ce que les marié·es ont pensé de leurs photos, une semaine après les avoir envoyées (gif extrait de la série Orphan black)

Une fois que vous les recevez, abstenez-vous dans un premier temps de lui répondre et de lui dire ce que vous pensez des photos. Iel se demandera si vous les avez bien reçues, et ne saura pas si iel doit vous relancer ou non. Un bon moyen de vous assurer qu’iel ne vous oublie pas et pense toujours à vous.

Une fois les photos reçues

Et maintenant que vous avez les précieuses photos entre les mains, un monde d’opportunités s’ouvre à vous ! Vous pouvez par exemple vous plaindre qu’elles ne vous plaisent pas, en espérant un geste commercial qui n’a aucune chance d’être accordé si le style de vos photos ressemble à celui que vous avez vu quand vous avez réservé. Vous pouvez également lui demander pourquoi il n’y a pas de photos du moment où votre oncle a fait son discours. Moment fictif qui n’a pas existé, mais ça lui mettra le doute.

Un autre moyen, moins frontal, est de publier les photos sur Facebook sans mentionner son nom, ou encore les publier en le mentionnant mais en prenant soin de passer au préalable les photos dans un filtre sepia. Votre photographe appréciera qu’un filtre automatique repasse derrière les retouches qu’iel a passé des heures à faire avec soin pour donner un rendu qui ne correspond pas du tout à son style. Vous n’avez pas le droit de le faire (c’est d’ailleurs souvent rappelé dans le contrat), mais les risques qu’iel vous traîne en justice pour deux photos sur Facebook sont nuls. Par contre iel ragera derrière son ordinateur lorsqu’iel s’en rendra compt. Si iel s’en rend compte, point faible de cette méthode.

Photographe découvrant par hasard l'une de ses photos circulant sur le net avec une retouche de mauvais goût (gif extrait de la série Kaamelott)

Un vrai conseil pour terminer

Je crois que j’ai fait le tour des conseils pour embêter votre photographe, il est donc temps de conclure cet article. Je vais mettre de côté le second degré pour vous donner un vrai conseil. Organiser un mariage c’est stressant. Et vous ne pouvez pas tout maîtriser. Mais vos prestataires sont vos allié·es ! Nous sommes là pour que votre journée soit la plus belle possible. On se prépare au maximum pour les imprévu·es, c’est notre métier. Et souvenez-vous qu’on a souvent vécu plus de mariages que vous. Donc on sait déjà comment réagir à presque tout ce qui se présentera le jour J. Alors n’hésitez pas à faire le maximum pour entretenir de bonnes relations avec nous. On vous le rendra bien !

Couple de marié·es signant avec un·e super prestataire (gif extrait de la série Sense 8)

Je me suis reconnu·e dans l'article, c'est grave ?

Si vous avez suivi l’un de ces faux conseils sans le faire exprès, ne vous en faites pas. On sait faire la part des choses, et on part toujours du principe que vous avez autre chose à faire que de nous mener la vie dure. On vous pardonne ces petites choses agaçantes, et la plupart du temps on en rigole avec attendrissement. Et si vous êtes adorables par ailleurs, elles ne nous agaceront sans doute même pas. Tout comme les petits défauts de votre futur·e époux·se n’en sont pas à vos yeux.

Photographe repensant à ses marié·es et à leur mariage (gif extrait de la série Anne with an E)

Bon si vous faites toutes les choses décrites dans cet article, on va commencer à avoir des doutes… Mais vous n’allez quand même pas faire ça, si ?

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Cet article a 8 commentaires

  1. Super article vraiment j’adore tout est dit… 🤣

  2. Ahah
    Je reconnais là quelques points tellement sympas déjà rencontrés … ahhhhh sacrée tata Monique et tonton Roger ….

    1. On les aime bien malgré tout ces tata Monique et tonton Roger, avoue :p

  3. Bonsoir, j’adore cet article qui reprend les mauvaises habitudes lors des mariages, mais bon sans ces gaffes, ce ne serait plus l’ambiance d’un mariage.
    Je n’ai pas encore eu le coup de « c’est cher pour appuyer sur un bouton », mais je sens que ca va venir. Tu as oublié le : « ce n’est pas une question de budget, mais le feeling » et 3 jours après on t’envoie un email en disant qu’ils ne peuvent pas se permettre ce prix là lol.
    En tout cas bravo, ça fait rire 🙂

    1. Merci Marie pour ce commentaire ! Tu penseras à nous le jour où tu auras droit au « c’est cher pour appuyer sur un bouton » 😉

      C’est vrai que le coup du feeling critère numero 1 pour ensuite dire qu’on a pris quelqu’un d’autre parce qu’il était moins cher est aussi un classique que j’ai oublié dans l’article. Il faut bien que j’en garde pour une version 2 un jour ! :p

      Après quand on a ce genre de réponse, je préfère me dire que le feeling était présent avec les deux photographes, que le couple aimait les deux styles, et que du coup le critère du budget a joué, ce qui est normal après tout. Et je ne connais pas la situation de la personne que le couple a choisi. Peut-être que cette personne n’a pas les mêmes charges, pas le même matériel ou pas la même façon de gérer ses marié·es, ce qui justifie la différence de prix. Nos tarifs n’étant pas gonflés, très loin de là, je ne regrette rien quand les marié·es choisissent quelqu’un d’autre pour cette raison, car je sais que l’on ne pouvait pas proposer moins cher de toute façon (ou en tous cas pas avec la même prestation. Il est toujours possible de diminuer le nombre d’heures ou de renoncer à certaines options si le budget coince, mais tous·tes les marié·es ne sont pas ouvert·es à une prestation plus courte ou sans tirages).

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